Grève générale du bois et du bâtiment contre la baisse générale des salaires - 3 septembre 1932 (affrontement sur le chantier SDN).
Texte supplémentaire: "Fédération des Ouvriers du Bois et du Bâtiment (Section Genève) - A l'opinion publique; A la classe ouvrière; Aux travailleurs du bois et du bâtiment.
Citoyens! Camarades! Le patronat de ce pays a déclenché une formidable offensive contre la classe ouvrière: Il veut baisser les salaires […]
Grève générale d'un jour pour Samedi 3 Septembre qui sera une Grande démonstration de solidarité et protestation ouvrières […] Tous ensemble. Nous affirmons, notre volonté de lutter: Contre la baisse des salaires; Contre le chômage; Pour des contrats collectifs; Pour la semaine de quarante heures.
Vive la solidarité et l'action syndicaliste. A bas le régime de l'exploitation de l'homme par l'homme."
Vue de la pointe de la Jonction prise depuis le Bois de la Bâtie, avec l’usine Gardy dite de la Jonction (vendue à Kugler en 1930) et l’Arve.
[inconnu]Interview par Eric Golay de Raymond Bally, ancien président de l'Association de défense des chômeurs (ADC), à propos des activités et de l'histoire de l'association, des difficultés internes émanant des divergences politiques d'approche face au problème du chômage, de la sociologie des chômeurs, des relations avec la Ville de Genève à titre de bailleuse de fonds, ainsi que l'impact de la nouvelle Loi sur l'assurance chômage, en vigueur le 1er janvier 1996.
Repérage des sujets principaux (1ère partie/2)
00:00-01:20 question sur l'actualité des chômeurs
01:20-03:00 création de l'association des chômeurs (vers 1975/1976, puis en veilleuse années 1980)
03:00-03:55 profil des adhérant·e·s dans la perspective du chômage comme un statut provisoire
03:55-04:45 évocation des dissensions internes de l'association
04:45-06:30 profil des adhérant·e·s dans la perspective du chômage comme un statut provisoire (suite)
06:30-09:30 sur la nécessité de conduire une enquête sur la sociologie des chômeurs
09:30-12:00 évolution des perceptions sur le chômage
12:00-13:55 impact de la prévalence du chômage sur le racisme
13:55-16:00 sur les données statistiques relatives à la sociologie des chômeurs
16:00-18:25 possibilités de conduire une enquête sur la sociologie des chômeurs
18:25-22:35 facteurs de chômage au moment de l'enquête et mise en relation avec la crise du chômage des années 1970
22:35-24:35 sur les profils des demandants et type de demandes adressées à l'ADC
24:35-28:40 difficultés de l'ADC dans le contact avec la Ville de Genève et dissensions internes de l'association
28:40-33:10 article de Raymond Bally critiquant l'approche thérapeutique dans la lutte contre l'impact du chômage sur les individus, considérant le chômage comme un problème social
33:10-34:35 comparaison de l'ADC avec l'ASLOCA sur les motifs d'adhésion individuels et collectifs
34:35-39:20 profil des membres cotisants de l'association, en particulier des membres militant·e·s
39:20-43:00 vécu personnel de la situation de chômage, variations en fonction du profil sociologique et différences entre les profils militants et non-militants
44:00-45:45 sur les approches divergentes de la lutte contre le chômage : des rencontres entre personnes au chômage animées par Gilberte Dominé à l'adoption d'une approche considérant le chômage comme problème social et les chômeurs et chômeuses comme citoyen·ne·s
45:45-47:25 élargissement du comité de l'ADC à un plus grand nombre de membres autour de 1994
Interview d'un maçon, Fernand Fellay, le personnage D, par Paulette Deleval (Durée totale de l'entretien: 01:04:18).
Période évoquée: 1920-1940 (principalement)
Aperçu des thèmes (Parties 1/2 et 2/2):
Ce maçon raconte la manière dont les militants s'organisaient pour faire respecter les revendications des ouvriers. Il décrit les actions de démolitions de taudis et autres événements liés à la Ligue d'action du bâtiment (LAB). Il raconte la mise en place des équipes chargées de contrôler chacune une zone du canton et agir en cas de non-respect des revendications, par exemple en sabotant le travail effectué les jours de congé.
Repérage des sujets principaux (1ère partie/2)
00:01:30 Tournée des chantiers;
00:04:20 Stratégies par rapport à la police;
00:09:08 Entrée dans le syndicat motivé par les revendications salariales et la volonté de réagir aux injustices sur les chantiers - conséquences de l'affiliation au syndicat - changer de boulot quatre fois par année;
00:14:30 Logement et hygiène, bains publics;
00:15:30 Les conséquences du chômage sur la vie quotidienne et familiale: à la maison jusqu'à trente-cinq ans;
00:20:30 L'organisation syndicale par métier et la Ligue d'action du bâtiment (LAB);
00:24:02 Grande action sur le chantier du bâtiment de la Société des Nations;
00:26:25 Démolition des taudis de Saint-Gervais - départ 5h du matin, chacun sa pelle et pioche;
00:29:40 Comment viennent les idées pour les actions? par l'action - résistances aux évacuations à quarante ou cinquante personnes;
00:34:50 Comment fonctionnaient les ponts-volants (système remplacé par les échafaudages), pourquoi les ouvriers y perdaient la vie, lutte pour leur suppression;
00:38:43 Première grève a duré dix-sept jours - grève de 1928, grève commencée sans savoir si la Fédération allait soutenir;
00:44:00 Grève des ramoneurs, ouvriers venus de Hongrie, dormaient sur le sol et nourris sur place, "une honte" - fermeture de l'usine - action syndicale: " Petit salaire, petit travail », affiches collées partout sur le chantier - action: travail au ralenti - lutte victorieuse pour empêcher une baisse de salaire.
Interview de François Duret, charpentier, par Christiane Wist (Durée totale de l'entretien : 00:55:09)
Période évoquée: 1870-1960
Aperçu des sujets traités dans l'interview (Parties 1/2 et 2/2) :
François Duret raconte à grands traits l'histoire de l'entreprise familiale de charpente. Charpentiers de père en fils, lui et son père se sont formés au métier par le biais du compagnonnage. Les sujets abordés vont des premières machines électriques à l'origine des différents bois. Il raconte quelques éléments sur le compagnonnage en France et en Allemagne pendant la période de la guerre. Il explique les différences de techniques entre les compagnons charpentiers français et allemands. L'observation et le commentaire de photographies forment la trame de cet entretien semi-dirigé; cette structure d'entretien représente environ les deux-tiers du temps d'enregistrement.
Sujets principaux - pointages temporels (1ère partie/2) :
00:00:00 Arrière-grand père suisse expatrié à l'époque des guerres de Napoléon en raison de l'absence de travail - Militaire en Italie, puis en Argentine, aussi comme militaire pour travailler dans les chemins de fer ;
00:01:30 Installation d'une menuiserie-charpente – marié à Villette – femme savoyarde, « mais à l'époque il n'y avait pas encore de frontières, on travaillait où on voulait » ;
00:02:00 Attiré par les machines électriques, s'installe près de la rivière l'Arve – remonte le pavillon monté pour l'exposition nationale ;
00:03:20 La mère faisait de la nourriture pour les compagnons - Arrière-grand-père décédé des fièvres, le grand-père au pays pour reprendre l'entreprise – réformé du service militaire après une blessure à l’œil;
00:05:00 1928, les premières machines fonctionnant à l'électricité : la scie à ruban, la raboteuse, la dégauchisseuse, la perceuse, une petite machine de charpente – la scierie fonctionnant avec la traction hydraulique, difficulté car l'Arve est une rivière très irrégulière - Livraison avec chevaux prêtés par des paysans;
00:07:50 Abandon de la scierie notamment pour des questions de transport, et du fait que tous les villages en disposaient d'une ;
00:09:00 Origine du bois - rayon de 30 km, transportable par chevaux, notamment en France, avant 1914 pratiquement pas de frontières - chêne ou hêtre ;
00:10:50 L'ancien pont suspendu du Pont de la Caille, refait à plusieurs reprise ;
[suivent une série de commentaires sur des photos]
00:12:00 1934-1936 apprentissage en Allemagne - costume des charpentiers allemands sur la photo - puis employé comme technicien ;
00:12:46 Participation à la construction du vélodrome d'hiver en 1936 – ossature bois;
00:13:20 Commentaire d'une photo du coffrage du Pont de Vessy ;
00:14:00 Arrêté en Allemagne en 1935, seul étranger dans une ville de 3000 personnes ;
00:14:50 Construction du manège Favre à Merlinges, pour un colonel de cavalerie ;
00:15:40 Surélévation des halles de Rive – démolies après avoir été restaurées ;
00:16:40 Démolition de la gare Cornavin ;
00:17:00 Exposition nationale de Zurich en 1939, construction de pilotis pour stabiliser les constructions; Lausanne pendant la guerre ;
00:17:50 Village dans le sud de l'Allemagne ;
00:18:30 Construction du Port Franc ;
00:19:00 Guillon, examinateur pour une école de charpente à Genève, le père de François Duret y a aussi travaillé ;
00:19:52 Bâtiment à la clinique Bel-Air ; le pavillon pour « l'admission des femmes tranquilles » ;
00:20:30 Transformation du restaurant de la grand-mère ;
00:21:00 Origine du bois pendant l'entre-deux-guerre, 30km le rayon. Bois suisse : depuis le Jura, la Gruyère (les sapins), le chêne importé depuis la France et l'Allemagne pour des raisons de qualité – bois exotiques pour les bateaux, puis après la guerre aussi dans le bâtiment – La Suisse était un consommateur moyen de bois, contrairement aux pays touchés par la Grande Guerre ;
00:23:54 Pas connu son grand-père - rentré à 40 ans pour fonder une famille ;
00:24:42 « Fils unique » (quatre sœurs) - faire charpentier par tradition, depuis quatre générations ;
00:25:50 formation aux Arts et Métiers, puis a été faire un tour « comme c'est d'usage » - Lors de voyages en France a rencontré les compagnons, notamment Guillon, son maître ;
00:26:57 [Interruption d'enregistrement];
00:27:28 [fin de l'interruption] Construction d'un hangar pour la Croix-Rouge suisse pendant la guerre en association avec Casaï et Verdel, près du Bois-des-Frères ;
[Interruption, autre enregistrement] ;
00:27:50 Cours à «L'Ecole pratique de stéréotomie appliquée à la construction », dans les années 1898-1899 chez P. F. Guillon fils, à Romanèche Torrens ;
00:28:55 Suite au décès de son grand-père, le père est revenu - régulièrement des visites de compagnons qui venaient à l'embauche ;
00:29:41 : Parcours : école primaire à Genève, Ecole professionnelle, une année aux Arts et Métiers, une année à Zurich pour un stage préparatoire pour le Technikum Winterthur – Allemagne, connaissance des compagnons allemands – commentaire des photos en costume de compagnon, avec sa canne, une pièce de bois sculptée que chaque compagnon se fabrique ;
Emission de radio consacrée à la musique populaire tessinoise, au roman de Plinio Martini "Le fonds du sac" et au peintre Januarius di Decarli (Durée totale: 01:01:07).
Période évoquée: 1920-1940
Résumé de l'émission (Parties 1/2 et 2/2):
Présentation du Collège du travail et de l'émission sur Radio Zone par Jacqueline Berenstein-Wavre.
Musique populaire tessinoise avec Pietro Bianchi et Roberto Maggini. Enregistrement réalisé au festival des musiques populaires suisses organisées par le Musée d'ethnographie de Genève en été 1986.
Lecture d'extraits du roman "Le fonds du sac" de Plinio Martini, auteur tessinois, sur l'émigration tessinoise en Amérique.
Interview de Januarius di Decarli (1907-1996), peintre, à l'occasion d'une exposition à la galerie "Voir". Interview faite chez lui, il parle de ses vingt années passées dans le bâtiment, pendant la crise.
Musique: folklorique tessinoise
Réalisation: Christiane Wist.
La partie 2/2 commence par la suite de la lecture d'extraits du roman "Le fonds du sac" de Plinio Martini.
Wist, Christiane; animateur/triceEnregistrement d'un entretien entre Lucien Tronchet, qui fut maçon et secrétaire syndical, et Charles Magnin, historien. (Durée totale de l'entretien: 03:25:05).
Aperçu des thèmes (Parties 1/7 à 7/7) :
L’entretien a lieu à l’occasion de la préparation du livre Combats pour la dignité ouvrière (1979) dans lequel Lucien Tronchet raconte ses mémoires de militant et de syndicaliste. Il précise certains éléments du texte et livre diverses anecdotes qui ne figurent pas dans la publication (par exemple, le choix de l’emblème de la ruche pour le sigle de la Fondation Collège du travail – 0121_b 19:30-23:30)
Combats pour la dignité ouvrière - Table des matières:
1902-1918: Une jeunesse mouvementée
1919-1930: Des années difficiles pour le mouvement ouvrier
Le redémarrage de l'économie et la reprise des luttes ouvrières
La Ligue d'Action du Bâtiment et l'extension des conventions collectives
1932-1933: Le tournant du 9 novembre 1932
Des victoires rouges dans la montée des périls
La Genève rouge et les luttes sociales
Vers la guerre
Ma deuxième insoumission militaire
L'action syndicale pendant la guerre
L'immédiat après-guerre
La Paix du Travail de 1937 et la Grève générale de 1918
Emission de radio sur le thème "On est toujours l'étranger de quelqu'un", consacrée à une interview de Georges Schwizgebel à propos de sa vie quotidienne lors d'un séjour universitaire en Chine, entrecoupée de musique (durée totale: 01:02:39).
Résumé
Partie 1/2: présentation de l’émission (01:02-03:12), Georges Schwizgebel, Genevois qui a séjourné plus d’un an en Chine, (03:12-03:19), signification du terme « étranger » dans la langue et la culture chinoise (03:43-05:12), commentaire sur les mythes fondateurs des sociétés humaines (05:12-06:21), apprentissage du chinois pour Georges Schwizgebel (06:22-08:54), départ de Georges Schwizgebel pour la Chine (08:55-09:51), témoignage sur la perception de soi et par les autres comme « étranger » en Chine (09:52-11:30), voyage vers la Chine par le Transsibérien (12:48-15:02), commentaire sur la ville de Shanghai (15:31-18:17), vie au campus à Shanghai, notamment à propos des privilèges des étudiant étrangers (18:18-22:40), perception sur la densité de la population dans la rue à Shanghai (23:33-24:49), choix de marchandise dans les magasins (24:49-24:43), la vie à l’extérieur en pleine ville pendant les épisodes de chaleur estivale (24:44-27:48), distractions accessibles aux chinois: cinéma, danse, opéra (27:48-28:50).
Interview de Jeanne Magnin, couturière âgée de 96 ans, par Alda De Giorgi (Durée totale de l'entretien: 01:02:17).
Période évoquée: 1910-1950
Aperçu des thèmes (Parties 1/2 et 2/2) :
Jeanne Magnin (née en 1896) évoque son enfance et sa jeunesse dans un milieu ouvrier à Collonges: son parcours scolaire, ses conditions de vie peu avant la Première Guerre mondiale. Elle parle de son apprentissage de couturière à Genève, de ses conditions de travail, de son activité de couturière à domicile. Elle détaille les divers vêtements qu’elle confectionnait ou raccommodait et évoque sa clientèle, principalement ouvrière. Elle revient également sur l’évolution du métier : les techniques, les instruments (machine à coudre, fer à repasser, fermeture éclair…).
Jeanne Magnin parle ensuite des conditions de vie de cette période, du soutien financier à ses parents et évoque les difficultés liées aux deux guerres mondiales.
Dans la deuxième partie, elle revient plus longuement sur la mode et les vêtements portés par la classe ouvrière dans les différentes circonstances de la vie (robe de communion, vêtements de deuil, habits de bal, vêtements de travail, chapeaux et casquettes). Elle reparle également de l’évolution techniques (machine à coudre électrique, fer à repasser, balai mécanique et machine à laver).
Interview d'un mécanicien-tourneur, Alain Perrat, par Alda de Giorgi (Durée totale de l'entretien: 02:10:34).
Période évoquée: 1972-1993 (principalement)
Aperçu des thèmes (Parties 1/3 à 3/3) :
Alain Perrat est né en 1952 à Bourg en Bresse, dans l'Ain (France). Après sa formation et une année de travail, il a effectué un "tour de France" avec les compagnons comme mécanicien tourneur. Il relate l'évolution du travail lors du passage aux appareils à commande numérique. Il raconte comment un de ses collègues sans Certificat fédéral de capacité (CFC) parvenait parfaitement à refaire les programmes numériques directement sur la nouvelle machine et en conclut "ce qui prouve bien que tout s'apprend". Il explique les difficultés sociales provoquées chez les humains par les horaires calqués sur les machines: en effet, les horaires 04h00-13h30 ou 13h30-22h00, appelés "travail en équipe" rendent impossible toute vie sociale. Il refusera finalement ces horaires et se battra contre au niveau syndical. Il décrit aussi la structure et le fonctionnement de la Commission du personnel, ses permanences, ses locaux et le droit à des heures d'absence pour ce travail.